Naviguer au-dessus du brouillard (sans attendre qu’il disparaisse)

Décembre a quelque chose de particulier.
Les journées sont courtes en lumière… et longues dans ce tunnel qui précède les vacances.
Comme si tout devait s’achever au 31 décembre.
Comme si, par magie, le 1er janvier ouvrait une page blanche, propre, disponible, réparatrice.

C’est une image séduisante.
Et nous avons très envie d’y croire.

Sauf que le cerveau ne fonctionne pas par date calendaire.
Il ne “tourne pas la page” parce que le chiffre de l’année change. Les neurosciences du changement sont claires : un changement durable nécessite un acte conscient et incarné. Sans ancrage, le cerveau recycle les anciens schémas, même dans un agenda flambant neuf.

Autrement dit :
ce n’est pas la page blanche qui crée le changement.
C’est ce que vous choisissez d’y inscrire… et ce que vous décidez, consciemment, de ne plus y reporter.

Et pourtant, à cette période de l’année, le brouillard revient souvent :
fatigue accumulée, injonctions de clôture, bilans à faire, projections à anticiper, bonnes intentions qui se superposent.

Le brouillard n’est pas forcément un ennemi.
Il peut aussi être une invitation à ralentir, à écouter autrement, à suspendre les automatismes plutôt que de vouloir forcer la clarté.

Naviguer au-dessus du brouillard ne consiste pas toujours à voir plus loin.
Il s’agit parfois d’apprendre à regarder autrement.

Prendre de la hauteur sans chercher à décider

Il y a des moments où l’on ne décide pas encore…
mais où l’on peut déjà récolter.

Les cadeaux sont déballés.
Les journées prennent un autre rythme.
On tente de ralentir — ou au contraire on accélère encore, pour “finir”, “rattraper”, “rentabiliser” ces jours suspendus.

Les cartes de vœux s’écrivent, les intentions se formulent.
Et souvent, sans même s’en rendre compte, une autre forme de stress s’invite. Plus feutrée. Plus silencieuse. Le brouillard revient.

Alors si, pour quelques minutes, on prenait de la hauteur autrement.
Pas pour planifier.
Pas pour décider.
Simplement pour regarder derrière nous.

Regarder ce qui a été reçu.
Ce qui a été traversé.
Ce qui s’est consolidé sans bruit.

Premier temps : laisser et emporter

Un exercice très simple, à faire lentement, sur plusieurs jours si nécessaire.

Deux feuilles.

Page 1 — Ce que vous laissez.
Ce qui a pesé.
Les habitudes héritées d’anciens fonctionnements.
Les situations où vous ne vous positionnez pas clairement.
Ce qui appartient au passé mais continue de prendre de la place.

Page 2 — Ce que vous emportez.
Ce qui vous a nourri.
Ce que vous voulez amplifier.
Ce qui vous donne de l’élan, de l’énergie, de la justesse.

Non pas pour juger.
Mais pour rendre conscient ce qui était diffus.

Deuxième temps : récolter

Puis, sur une autre feuille, une autre forme de regard.

Trois colonnes.

Les cadeaux reçus de l’extérieur :
les marques de confiance,
les confirmations silencieuses,
les nouvelles relations,
les opportunités qui ont dit : “on croit en toi”.

Les cadeaux reçus de l’intérieur :
les prises de conscience,
les peurs qui se sont allégées,
les endroits où vous vous sentez plus solide, plus libre.

Ce que vous avez offert aux autres :
du temps,
de l’écoute,
de la clarté,
du courage,
parfois simplement votre présence, au bon moment.

Quelques minutes suffisent.
Sans enjeu.
Sans performance.
Juste pour reconnaître.

Parce que récolter est aussi une manière très douce de naviguer au-dessus du brouillard.

Ce que je récolte, de mon côté

Parmi les cadeaux reçus cette année :
de nouvelles relations,
de nouveaux partenariats,
la confiance de clients qui me demandent aujourd’hui de partager davantage mon expérience… et qui je suis vraiment.
Des invitations à créer de nouveaux programmes pour les DRH.
Des élans d’ambition plus assumés.
L’envie d’aller plus loin. De voir plus grand. De jouer plus juste.

Parmi les cadeaux offerts :
plus de sincérité dans ce que j’exprime,
plus de clarté dans mes positionnements,
et cette attention constante à créer, pour les dirigeants et les fonctions RH que j’accompagne, un espace pour penser… et l’élan pour agir.

Le brouillard comme allié discret

Le brouillard n’est pas toujours là pour être dissipé.
Il nous empêche parfois d’accélérer trop vite.
Il invite à écouter autrement.
À sentir ce qui est mûr… et ce qui ne l’est pas encore.

S’élever au-dessus du brouillard, ce n’est pas forcément vouloir tout clarifier.
C’est accepter une pause consciente pour choisir ce qui mérite réellement d’être emporté — et ce qui peut, doucement, être laissé derrière.

Parfois, reconnaître le chemin déjà parcouru suffit à sentir les ressources désormais disponibles pour la suite.

Et vous…
quels cadeaux cette année mériteraient d’être pleinement reconnus, avant de passer le seuil des prochains mois ?

Le 3 décembre 2025 par Hélène Benier