L’autonomie totale est un mythe, même chez les dirigeants les plus performants

À 46 ans, j’ai commencé le piano.

La semaine dernière, ma prof m’a dit une chose simple :

« S’il n’y a pas d’objectif, tu ne progresses pas. »

Ce n’était ni une coach en performance, ni une DRH, ni une consultante. Juste ma prof de piano.

Et elle venait de formuler quelque chose que j’observe chaque semaine chez les dirigeants que j’accompagne.

Le mythe de la volonté

J’ai commencé avec enthousiasme, en septembre dernier. Avec envie, avec ambition même. Et avec une discipline en dents de scie pour m’entraîner tous les jours.

Les (bonnes) excuses habituelles : pas le temps, une visio urgente, une présentation à finir.

Je ne suis pas différente des leaders que j’accompagne.

Ce n’est pas un problème de volonté. C’est un problème de priorité.

Ce qui saute en premier, ce sont les engagements pris envers soi-même. Parce que faire plaisir aux autres ou respecter ses engagements vis-à-vis d’eux est toujours plus immédiat que se rendre fier de soi.

Ce que j’observe chez les dirigeants

Même les dirigeants les plus performants ne manquent pas de discipline. Ils manquent d’un espace où quelqu’un les regarde avancer et les attend.

Nous sommes tellement habitués à valoriser l’autonomie que nous sous-estimons la puissance d’un cadre externe.

Ce que j’observe dans les accompagnements en sparring partner, c’est toujours la même mécanique au départ : ils avancent pour honorer l’engagement pris, pour ne pas « décevoir », pour rentabiliser l’investissement.

Pas encore totalement pour eux.

Et c’est humain. Parce que se rendre fier de soi est plus difficile que rendre quelqu’un d’autre fier de nous.

Le métronome

Alors moi aussi, j’accepte d’avoir besoin pendant un temps du regard de ma prof. Comme une enfant de 8 ans fière qu’on voie ses progrès.

Parce que parfois, le regard extérieur structure ce qu’on ne sait pas encore s’offrir seul.

Il rythme. Il crée une tension douce mais constante. Un peu comme un métronome.

Au début, le sparring partner est un cadre extérieur, une béquille structurante. Une exigence. Un tempo.

Puis progressivement, l’aéronaute apprend à piloter seul.

Quand l’autonomie commence vraiment

Après quelques mois, ce n’est plus pour faire plaisir. Ni pour cocher une case.

C’est parce que le changement est devenu interne.

Et c’est là que l’autonomie commence vraiment.

Non pas comme point de départ mais comme aboutissement d’un travail rigoureux avec un regard extérieur exigeant.

Le 28 février 2026 par Hélène Benier