Résilience ou suradaptation : savez-vous vraiment laquelle vous pratiquez ?

Un DAF décrit sa collègue DRH avec admiration. Quatre managers en deux ans. Effectif divisé par deux. 70 % de son périmètre repris par une collègue depuis un changement d’organisation.

« Quel modèle de résilience : elle tient, elle soutient tout le monde, elle maintient le cap. »

J’ai écouté. Et j’ai eu envie de lui demander : tu en es sûr ?

Parce que je connais cette posture. Je l’ai habitée pendant près de vingt ans, comme DRH.

Ce que j’appelais résilience …et ce que c’était vraiment

Absorber les réorganisations de la façon la plus lisse possible. Porter des annonces qui me déplaisaient. Tenir le cap pour mes équipes pendant que ma propre situation passait au troisième plan.

Et tout le monde appelait ça de la résilience. Moi la première.

Ce que je n’avais pas encore vu à l’époque, c’est que derrière le roseau qui plie sans rompre, il y avait aussi autre chose.

La peur d’être trop vocale. La peur de déranger. La difficulté à poser une limite sans perdre ma place.

Ce n’était pas que de la résilience. C’était aussi de la suradaptation.

Et la frontière entre les deux est beaucoup plus mince qu’on ne le croit.

La distinction qui change tout

La résilience, c’est traverser quelque chose de difficile en restant soi-même.

La suradaptation, c’est traverser quelque chose de difficile en s’effaçant progressivement.

L’une vous renforce. L’autre vous érode souvent sans qu’on le voit venir.

Ce que je cherche quand j’accompagne des DRH et des membres de CODIR

Quand des dirigeants me parlent de leur capacité d’adaptation, je creuse. Pas pour démolir la qualité, elle est réelle et nécessaire. Mais pour voir ce qui se cache dessous.

Parce qu’une organisation peut très bien bénéficier de votre suradaptation pendant des années, sans jamais vous le signaler. C’est vous qui en payez le prix, en silence.

La question que je leur pose et que je me pose à moi-même

La dernière fois que vous avez « tenu le cap » en allant à l’encontre de qui vous êtes, comment avez-vous réussi à retrouver votre essence une fois l’épreuve passée ?

Pas besoin de répondre ici. Mais si la question résonne, c’est peut-être qu’elle mérite un espace pour être examinée sérieusement.

Le 26 mars 2026 par Hélène Benier