« Accompagnez-moi à tenir jusqu’à la retraite. » Voici pourquoi j’ai dit non.

« Je veux que tu m’accompagnes à tenir sur mon poste jusqu’à la retraite. J’ai peur de me faire virer, de ne plus être à la page, d’être dépassé côté technologique. »

C’est la demande d’un de mes clients dirigeants.

Au début, j’ai failli dire oui. Belle mission de sparring partner, en apparence.

Puis je me suis ravisée. Et j’ai dit non.

Durer jusqu’à la retraite. Vivoter jusqu’à la mort.

Attendre le vendredi soir pour que ça aille mieux. Les prochaines vacances. La prochaine année. Et toujours espérer que quelque chose de meilleur arrive, en restant immobile.

On vous a souvent dit de vivre dans le présent. Je me le répète aussi : le passé est passé, et le futur, tout le monde en connaît l’issue.

Mais vivre avec l’impression d’être dans un film en boucle, la même journée qui se répète inlassablement, c’est pour moi déjà la mort.

L’ambition change de forme ; elle ne disparaît pas

À un moment de la carrière et de la vie, l’ambition se transforme. Elle ne ressemble plus à ce qu’elle était à 30 ans. Et c’est normal.

Mais pour moi, la question centrale devient celle de la legacy : qu’est-ce que je laisse sur terre si je disparais demain ? À quel endroit ai-je réellement eu un impact, par ce que j’ai vécu et transmis ?

Certains veulent se constituer un patrimoine. Certains veulent anticiper une retraite paisible. Ce sont des choix légitimes.

Pour moi, la question est chaque jour : qu’est-ce que j’ai envie de vivre, de transmettre, de donner ?

Pourquoi j’ai dit non

Aider quelqu’un à rester dans le statu quo, à tenir sans se demander pourquoi, à survivre plutôt qu’à choisir, ce n’est pas ce que je fais.

Je préfère accompagner quelqu’un à apprendre à vivre de nouvelles expériences, à trouver un sens à ce qu’il vit, et à le partager plutôt qu’à rester en place par peur.

Ce dirigeant avait peut-être besoin d’entendre le non. Parce que derrière la demande de tenir, il y avait une question bien plus grande : qu’est-ce que je veux encore construire ?

La question que je vous pose

Pas celle de la retraite. Pas celle du poste.

Si vous disparaissiez demain, qu’est-ce qui resterait de ce que vous avez choisi de vivre et de transmettre ?

Si la réponse est floue, c’est peut-être là que le vrai travail commence.

Le 23 avril 2026 par Hélène Benier