Carnet d’été #1 — le Léman, un leader silencieux

Il est 20h, en plein mois de juillet. J’ai enchaîné les calls, les séances de sparring partner, fini la comptabilité du semestre. Une journée dense, pleine de défis. Et pourtant, ce soir-là, je sens un débordement d’énergie, une tension dans tous mes muscles. Vingt minutes pour manger. Pas une pour sortir, marcher, voir le jour.

Mettre les pieds dans le lac

J’ai tout donné et rien pris pour moi. Alors plutôt que de laisser cette frustration s’exprimer sur tous ceux qui croiseraient mon regard, je suis partie mettre les pieds dans le lac.

Le Léman. Sa surface qui reste égale même par grand vent. Cette apparence de calme qui impressionne et qui ment, juste assez.

Ce que ce lac m’apprend sur les dirigeants

Vous croyez ce lac calme parce que sa surface reste égale ? En réalité, sous la surface, des courants profonds se déplacent avec l’été, puissants et invisibles, portés par les différences de température entre les couches d’eau.

C’est exactement ce qu’un dirigeant vit au quotidien. Des injonctions contraires, des décisions qui frottent contre ses valeurs, ce qu’il faut délivrer aux équipes même quand ça coûte. Ce tourment intérieur, invisible de l’extérieur, peut isoler profondément, même entouré d’un CODIR entier.

Porter les courants sans s’y noyer

Ce n’est pas un signe de faiblesse de porter ces courants. C’est le prix d’un poste où l’on absorbe ce que d’autres n’ont pas à absorber. Ce qui compte, c’est d’avoir un endroit où les lâcher.

Pour moi ce soir-là, c’était ce lac. Il m’a rappelé que même quand les courants contraires créent des vagues invisibles, il existe toujours une voie pour retrouver le calme.

Et vous, où mettez-vous les pieds quand vos propres courants deviennent trop forts ?

Le 6 août 2026 par Hélène Benier