10 ans sur son poste de CEO : la réponse n’a rien à voir avec la stratégie

Un de mes anciens responsables, devenu mentor, fête cette année ses 10 ans sur son poste de CEO. Dans un grand groupe industriel international.

Crises à répétition. Marché instable. Investissements à justifier, P&L à défendre chaque mois. Contraintes nombreuses.

Je lui ai posé une question directe :

« Comment tu tiens ? »

Sa réponse :

« En gardant mes yeux d’enfant. Et en ayant toujours un projet qui nourrit ma créativité. »

J’ai aimé la simplicité de la réponse. Et sa profondeur.

Ce n’est pas de l’insouciance. C’est de la régulation.

Les données confirment ce que les témoignages de terrain disent depuis longtemps : selon une étude relayée par GPO Magazine, 66 % des dirigeants déclarent souffrir d’épuisement professionnel, un chiffre qui a explosé ces dernières années et dépasse la moyenne mondiale.

On parle souvent de résilience des dirigeants. On parle rarement de fraîcheur intérieure.

Or ce n’est pas l’intensité qui épuise un CEO. C’est la perte de légèreté. L’absence de respiration. Les jours où tout devient trop sérieux, trop contraint, trop contrôlé.

À quoi ressemble cette fraîcheur, concrètement ?

Des rires avec son équipe parfois potaches.

Des jeux de mots qui dégonflent une tension.

Des projets parallèles qui reconnectent à l’âme d’enfant.

Des rencontres qui stimulent la curiosité.

Des pauses assumées. Des moments où on oublie sa fonction et où on est simplement présent.

Rien de spectaculaire. Et pourtant, c’est stratégique.

Ces micro-interruptions régulent le système nerveux. La créativité régule le stress. La légèreté redonne du discernement. Un cerveau sous pression permanente finit par décider en mode survie.

Garder ses yeux d’enfant, ce n’est pas être naïf

C’est rester vivant dans un rôle qui peut devenir mécanique.

C’est maintenir la capacité à s’étonner, à questionner, à jouer même dans un contexte de complexité maximale.

Et souvent, c’est ce qui fait la différence entre tenir à tout prix… et durer avec présence.

Ce que cela change dans mes accompagnements

C’est une des clés que j’apporte à mes clients : réactiver la liberté de penser.

Un dirigeant peut être intelligent, expérimenté, stratège, charismatique et néanmoins être piloté en coulisse par un système de survie automatique.

C’est là que la fraîcheur intérieure devient une force stratégique. Pas un luxe. Une ressource cognitive.

Et les indicateurs intérieurs valent parfois autant qu’un P&L.

Le 19 mars 2026 par Hélène Benier