L’EFT pour les dirigeants : rationnel, efficace, et encore trop discret

Je parle ici à des femmes et des hommes rationnels. Pas à des adeptes de solutions miracles.

Vous connaissez peut-être l’EFT dans la préparation des sportifs de haut niveau. Beaucoup moins dans les comités de direction.

Qu’est-ce que l’EFT, concrètement ?

EFT signifie Emotional Freedom Techniques.

C’est une technique de régulation émotionnelle qui combine deux éléments :

— une stimulation de points d’acupression par tapotement léger,

— et une mise en mots précise de ce qui se passe intérieurement.

En simplifiant : de l’acupuncture sans aiguille, associée à une verbalisation ciblée.

L’objectif n’est pas de « penser positif ». C’est de désactiver la charge émotionnelle associée à un stress, une peur ou une réaction automatique.

Deux points qui comptent pour vous, dirigeants : c’est court (quelques minutes), et vous pouvez l’utiliser seul, sans dépendre d’un praticien.

Moi aussi, j’étais sceptique

J’ai découvert l’EFT il y a six ans, d’abord pour moi. Pour travailler sur certaines croyances limitantes comme le syndrome de l’imposteur, le besoin de tout anticiper.

J’ai testé sans conviction particulière. Puis j’ai vu ce que cela changeait dans ma clarté mentale, dans mes décisions. Je me suis formée.

Aujourd’hui, l’EFT intervient dans mes accompagnements individuels, ou dans des ateliers avec des équipes, y compris sur les risques psychosociaux.

Pendant longtemps, j’ai hésité à l’afficher dans le monde de l’entreprise. Pas assez rationnel. Pas assez sérieux.

Jusqu’à ce que je voie chez qui cela fonctionnait vraiment.

Les profils qui l’utilisent

Des cadres dirigeants. Des leaders à fort background scientifique. Des personnalités très analytiques.

Ce n’est pas une thérapie. Ce n’est pas une baguette magique.

C’est un outil efficace pour :

— faire baisser un stress aigu,

— sortir d’un état de surcharge émotionnelle,

— désactiver une réaction automatique,

— retrouver rapidement de la latitude intérieure pour décider.

Pourquoi c’est stratégique, pas accessoire

Contrairement aux apparences, on ne décide jamais uniquement avec sa tête. On décide avec son système nerveux, son histoire, ses réflexes de survie.

Un dirigeant qui décide sous un stress ancien ou silencieux prend des décisions parasitées même s’il ne le sait pas.

Décider sans être piloté par une charge émotionnelle non identifiée : ce n’est pas un luxe. C’est stratégique.

Les données pour ceux qui en ont besoin

Une étude publiée dans le Journal of Nervous and Mental Disease (2012, Church et al.) montre que l’EFT est associée à une réduction significative du cortisol ( jusqu’à -24 % après une seule session), comparativement à un groupe contrôle. C’est une donnée mesurable, reproductible, documentée.

Je continue à l’utiliser avec parcimonie. Quand le mental a déjà fait tout ce qu’il pouvait et qu’il a besoin d’un relais.

Le 6 mars 2026 par Hélène Benier