« Vous le méritez bien. » Et si on osait se le dire vraiment ?

On m’a dit une phrase toute simple cette semaine. Et elle m’a profondément interpellée.

« Madame, vous le méritez bien. »

Non, ce n’était pas une publicité.
Ni une tentative de séduction.
Simplement la phrase, sincère et gratuite, d’un collaborateur dans une agence de location de voiture, au moment de m’offrir un surclassement pour ma prochaine réservation.

Gratuit.
Désintéressé.
Et surtout… cette phrase que l’on entend si peu : vous le méritez bien.

Une phrase que, si je suis honnête, je me dis très rarement à moi-même.

Par pudeur.
Par une forme d’humilité parfois mal placée.
Parce que je n’y pense pas.
Et, plus souvent encore, parce que je crois que je ne le mérite pas vraiment. 2026-02 Mériter tout simplement

Et là, une question s’est imposée, un peu inconfortable :
si je ne me reconnais pas ce droit, comment puis-je attendre que les autres me le reconnaissent ?

L’arroseur arrosé.

Ce que je dis aux dirigeants… et ce que je m’applique moins facilement

Dans mon travail avec les leaders et dirigeants que j’accompagne, je le répète souvent :

Oui, vous méritez.
Des mots de reconnaissance.
Du temps pour vous.
De la considération.

Ce n’est pas parce qu’on est dirigeant qu’on doit fonctionner à flux tendu, sans retour, sans respiration, sans reconnaissance.

Et je le dis aussi très clairement :
quand on croit ne pas mériter, la réalité finit toujours par s’aligner.

Pas par hasard.
Mais parce que notre GPS interne — souvent inconscient — fait exactement son travail. Il scanne, compile, confirme :
les fois où l’on aurait “dû” recevoir,
les moments où l’on a donné sans retour,
cette impression diffuse, parfois honteuse, d’injustice silencieuse.

Ce système intérieur finit par valider ce que nous croyons déjà profondément.

Le miroir du sparring partner

Une autre question s’est alors imposée à moi, plus exigeante encore :
si je ne m’applique pas à moi-même ce que je transmets à mes clients, quel miroir de sparring partner suis-je réellement en train de leur tendre ?

Alors je me suis arrêtée.
Vraiment arrêtée.

J’ai tenté de baisser les armes.
(Je ne vais pas vous mentir : ce n’est pas l’exercice le plus naturel pour moi.)

Et je me suis simplement dit :
« Je mérite. »

Sans condition.
Sans avoir fait plus.
Sans avoir encore prouvé.

Nous ne sommes pas des animaux que l’on récompense uniquement après une performance.

Être là.
Faire de son mieux.
Tenir dans la durée.
C’est déjà un mérite.

Se traiter avec le même respect que l’on offre aux autres

Accepter aussi, sans se justifier ni s’excuser :
de se faire des cadeaux,
de se dire des mots justes,
de se parler avec respect.

Parce que non, ce n’est pas en se répétant devant le miroir tout ce qui “ne va pas encore” que quelque chose change réellement.
(Et je peux en témoigner, expérience à l’appui.)

Alors je vous laisse avec cette question, simple et exigeante à la fois :

Et si ce que vous aimeriez recevoir des autres…
vous commenciez par vous l’accorder à vous-même ?

Le 29 janvier 2026 par Hélène Benier