Carnet d’été #2 — l’hommage aux chrysalides que personne ne voit

La semaine dernière, je sortais d’un rendez-vous client, en plein milieu de la ville. Un carré de lavande, et dedans, des dizaines de papillons de toutes les couleurs qui butinaient au milieu des abeilles. Et comme souvent, j’ai pensé à ce que ces papillons avaient traversé avant d’être là.

On célèbre le papillon et on oublie la chrysalide

On célèbre toujours le papillon. Sa liberté, ses couleurs, le fait qu’il vole enfin. On oublie la chrysalide. Ce temps bien plus long passé à se construire dans le noir, protégé, à l’abri d’un monde qu’on connaît par cœur, même s’il nous limite.

Sortir de ce cocon, c’est un risque, pas juste une libération. Le papillon le sait peut-être mieux que nous : sa vie devient courte à partir du moment où il vole.

Rendre hommage aux carapaces

Ces carapaces qu’on se construit pour se protéger et qu’on n’ose pas quitter parce qu’elles nous ont sauvés, avant de nous freiner. Un client à moi a mis des mois à travailler l’image qu’il renvoyait, celle d’un homme insensible, uniquement branché sur les problèmes à résoudre.

Il m’a appelée un an après. Il rit avec son équipe maintenant, même les jours chargés. Et le dimanche, il débranche, il part en vacances, ce qu’il ne savait plus faire.

Combien de chrysalides avez-vous traversées ?

Moi, j’ai l’impression de changer de chrysalide en permanence. Chaque poste de DRH plus grand en a été une. Depuis que j’ai créé Manentiel, j’en ai déjà traversé au moins trois, selon ce que je découvrais de moi.

La chrysalide n’est pas un signe d’échec. C’est le signe que quelque chose se construit — même si les autres ne le voient pas encore.

Et vous, quelle carapace portez-vous encore aujourd’hui, celle qui vous a protégé hier et qui vous freine maintenant ?

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Le 13 août 2026 par Hélène Benier