Carnet d’été #3 — le pissenlit et ce que vous semez sans le savoir

La question m’est venue un jour de semaine ordinaire, pendant une pause après le déjeuner, juste pour prendre l’air. Un champ de pissenlits sur le chemin. Et l’envie soudaine, presque enfantine, de voir si un seul souffle suffirait à tous les faire s’envoler.

Certains partent. D’autres résistent.

Certains pissenlits sont partis dans la seconde. D’autres ont résisté, accrochés à leur tige, comme s’ils choisissaient de rester.

Mes propres pensées font exactement ça : elles partent dans tous les sens au moindre souffle de la journée, une réunion, un message, une contrariété. Plus troublant encore : les mots que je dis chaque jour à mes clients ont ce même pouvoir de dispersion. Je ne sais jamais lequel va se poser quelque part et repousser et lequel va se perdre dans l’herbe sans laisser de trace.

Les mots qui reprennent racine des années plus tard

Il y a quelques semaines, une personne que j’accompagne depuis longtemps m’a écrit qu’elle repense à moi presque chaque jour, quand elle se surprend à retomber dans ses vieux réflexes se justifier, ne pas se positionner, sous couvert d’harmonie.

Une autre m’a repairlé d’une phrase que je lui avais dite il y a dix ans, sur sa prochaine étape de carrière. Une phrase qui l’avait vexée sur le coup. Et qui s’était révélée, avec le temps, le meilleur conseil qu’elle ait reçu.

Ce que vous avez semé aujourd’hui sans le savoir

Alors cette question du pissenlit, je vous la pose en plein été. Qu’est-ce que vous avez semé aujourd’hui sans le savoir dans une réunion, un couloir, un message envoyé vite ?

Et plutôt que de laisser le vent décider seul où ça part, qu’est-ce que vous avez vraiment envie de faire pousser cet été, chez quelqu’un d’autre ?

Le 20 août 2026 par Hélène Benier