La jalousie au travail : le sport national qu’on pratique en silence — et ce qu’il révèle

Un dîner. Il me parle de son nouveau poste, de son nouveau train de vie. Le ton léger, naturel, comme une évidence.

Il y a 10 ans, je l’ai recruté dans mon équipe RH. Formé. Coaché. Poussé vers des mobilités qu’il n’aurait pas osé demander seul.

Il ne s’en souvient plus.

Et moi, ce soir-là, j’ai senti deux choses monter en même temps.

Ce que j’ai vraiment ressenti

Un manque de reconnaissance — j’ai contribué, même à 1 %, à ce qu’il est devenu, et ça ne compte pour rien dans sa mémoire.

Et de la jalousie. Pure, sans détour. Il a accès à des niveaux que j’aurais pu convoiter il y a quelques années. Un train de vie que je n’ai pas.

Je ne suis pas mieux que mes clients qui me confient la même chose à propos d’un collègue promu, d’un projet qui leur échappe.

La jalousie, c’est un sport national qu’on pratique en silence.

Ce que j’ai appris à faire avec la jalousie

Maintenant, à chaque fois que je m’entends me comparer, j’appuie sur le bouton STOP. Et je me pose deux questions.

Est-ce vraiment cette vie-là que je voulais, ou juste l’idée d’y avoir droit aussi ?

Et qu’est-ce que moi j’ai construit — et que je ne me félicite jamais assez d’avoir ?

Car si je n’envie pas quelqu’un, c’est souvent parce qu’il fait bien quelque chose que je ne fais pas suffisamment. Et une fois que j’ai trouvé le cœur de ce qui provoque la jalousie, je peux soit décider de développer cette qualité, soit accepter que ce n’est pas ce que je veux vraiment.

Ce que la jalousie révèle sur vous

La jalousie ne dit rien sur l’autre. Elle dit tout sur ce que vous valorisez, sur ce que vous pensez mériter, sur les décisions que vous n’avez pas encore prises.

Utiliser quelqu’un que vous avez formé et qui vous dépasse comme un signal de votre propre manque — c’est passer à côté de l’essentiel. Former quelqu’un qui vous dépasse, c’est une réussite. Pas un manque à gagner.

Et si vraiment rien ne suffit, je sors faire un tour dans la nature. Le trèfle à 4 feuilles ne jalouse pas celui à 3 feuilles. Il y a de la place pour chacun.

La dernière fois que vous avez été jaloux de quelqu’un que vous avez aidé à grandir — c’était qui ?

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Le 25 juin 2026 par Hélène Benier