Brown out : quand le sens disparaît en silence et que le cerveau se noie dans le familier

Ce matin, ma cliente DRH est devenue mon miroir sans le savoir. Et ce qu’elle m’a renvoyé, je n’avais pas vraiment envie de le voir.

Ce qu’elle m’a mis en face

Elle arrive avec ce sentiment d’être utile à 20 % seulement dans son poste. Pour le reste : déconnectée du business, noyée dans les petits conflits du Comité de Direction, dans des sujets d’organisation qui tournent en rond, des process qui vampirisent pas uniquement son temps mais surtout son énergie mentale.

Le mot qui émerge dans notre échange : brown out. Ce cousin du burnout dont on parle malheureusement trop peu. Cet épuisement de sens qui s’installe quand on continue de faire sans comprendre pourquoi on le fait encore. Quand la machine tourne, mais que vous n’y êtes plus vraiment.

Ce que le cerveau fait pour éviter de regarder

Ce que nous découvrons ensemble : son cerveau s’est mis en pilote automatique. Il remplit, il gère, il répond — pour ne pas se retrouver face à ce qui challengerait vraiment. Face à ce qui demanderait de choisir, de trancher, de se réinventer.

Et moi, en l’écoutant, je me reconnais.

Depuis quelques semaines, je blinde mon agenda : les demandes de rendez-vous, les sollicitations, les tâches connues. Mon cerveau a trouvé la parade parfaite pour ne pas se retrouver face à l’inconnu : se noyer dans le familier. Procrastiner en ayant l’air occupée.

Ce qu’elle met en place — et c’est étonnamment simple

Les premières réponses qu’elle trouve ne sont pas spectaculaires. Pas de grande décision, pas de fuite vers autre chose. Juste récupérer de l’espace mental.

Réduire le temps des réunions inutiles — passer de 45 à 30 minutes par réunion, c’est idiot, mais c’est plusieurs heures gagnées par semaine. Dire non. Redonner la responsabilité à chaque personne de son équipe.

Des choix simples, mais qui demandaient d’abord le courage de regarder ce qui se passait vraiment.

Elle repart boostée — pas parce que tout va bien, mais parce qu’elle a compris que la première étape, c’était de voir. Voir ce manque de sens qui s’était installé en silence.

Ce que vous noyez en ce moment dans le bruit de votre agenda

Pendant ce temps, la meilleure partie de ce que vous avez à donner reste enfermée. Cette créativité qui a disparu parce que le cerveau s’est mis en mode survie. Cette énergie qui part dans tout sauf dans ce qui compte.

Ce que vous croyez être de la fatigue, en vous disant « ça ira mieux après les vacances ».

Et vous — qu’est-ce que vous noyez en ce moment dans le bruit de votre agenda ?

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Le 18 juin 2026 par Hélène Benier