Courage managérial : j’ai été courageuse, j’ai été lâche — et la lâcheté coûte plus cher

On voudrait tous être ce dirigeant-là. Celui qui ne fléchit pas, qui ose s’opposer quand une décision n’a pas de sens, qui stoppe un projet qui patine durablement.

Sauf que plus on monte, plus il y a à perdre : un poste certes, mais aussi un statut, une place dans un CODIR, la peur de se faire exclure du clan.

Quand j’ai été courageuse — vraiment

J’ai été courageuse. Vraiment.

Pas peur de brandir ma démission devant un cas de harcèlement moral sans réponse. Pas peur de refuser des promotions dans mon équipe quand je n’étais pas convaincue. Pas peur de m’opposer à des projets RH du Groupe inadaptés à mon organisation.

Quand j’ai été lâche — vraiment

Un CEO voulait absolument recruter quelqu’un. Je ne le « sentais » pas. Incompatible avec le reste du CODIR, inadapté au contexte et à la culture de l’entreprise.

J’ai laissé faire. Pour préserver la relation.

Quelques mois plus tard, le CODIR me demandait pourquoi j’avais validé ce recrutement qu’ils jugeaient tous catastrophique.

J’avais voulu éviter le conflit avec un. Je m’étais retrouvée incompétente aux yeux de tous.

Le vrai prix de la lâcheté — mécanique, pas moral

C’est ça le vrai prix de la lâcheté managériale : ce n’est pas moral, c’est mécanique. On croit préserver quelque chose — et on perd autre chose qu’on n’avait pas vu venir, et qui est tout aussi précieux.

Ce serait naïf de croire qu’il y a les courageux d’un côté et les lâches de l’autre. Nous sommes tous lâches et courageux selon le contexte, notre confiance en nous, et selon l’impact que nous imaginons sur notre vie.

La vraie question n’est pas « suis-je courageux ? » mais : « à quel moment est-ce que je renonce, et à quel prix ? »

Et vous, votre dernière lâcheté managériale — elle vous a coûté quoi ?

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Le 11 juin 2026 par Hélène Benier